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Langues étrangères ; le plus indispensable
2015-11-09 12:33:12 - Emploi


Do you speak english, Habla usted espanol ?, Parlate italiano ?, Sprechen Sie Deutsch? Etre anglophone, hispanophone, italophone ou germanophone est un plus.

 

Au Maroc, nous sommes naturellement bilingues. Mais, de nos jours, cela ne suffit plus. Pour mettre des atouts de son côté, il faudra désormais être trilingue. Le marché du travail l’impose. En pôle position, l’anglais, la langue la plus parlée dans le monde, s’impose plus que jamais dans le monde des affaires.

A l’évidence, la maîtrise d’une langue étrangère autre que le français n’est plus cet atout qui sert au cas où… C’est une nécessité et même une obligation, particulièrement pour les managers.

Mohamed K., responsable des ressources humaines dans une entreprise sidérurgique, le confirme. «Cela concerne aussi bien les cadres que les agents de maîtrise, pour qui les manuels de procédures (souvent rédigés en anglais) n’ont plus de secrets. L’ouverture sur le marché international, la quête de nouveaux partenariats internationaux, la maîtrise des outils… obligent les cadres à être en mesure de mener une négociation et à être efficaces en anglais», explique-t-il. 

Pour négocier son contrat avec une firme américaine il y a plus de deux ans, Mohamed Kabbaj, Dg d’une entreprise d’import-export et analphabète en anglais à l’époque, s’est octroyé les services de son fils pour mener les négociations. «Si vous voulez convaincre un partenaire étranger de signer un contrat, vous êtes obligé d’instaurer un rapport de confiance avec lui. Cela passe souvent par des discussions dans sa propre langue. Il m’était difficile de le faire au début. Mais, depuis, je me suis rattrapé en suivant des cours intensifs», souligne-t-il. 

Autre exemple non moins significatif, celui de Saïd G. qui s’était frotté au secteur bancaire avant de se retrouver, par hasard, dans une société de communication. Sa maîtrise de l’anglais lui a permis non seulement de taper dans l’œil de son recruteur mais également de gagner des galons. «Nous devions organiser un salon pour le compte d’entreprises turques qui voulaient prospecter le marché marocain. Or, il fallait pour cela négocier en anglais et préparer des contrats en bonne et due forme. Cette expérience m’a permis de gérer tout le projet et de prouver mes capacités. J’ai fini par prendre la tête du département, quelques mois après cet événement. Il faut dire que, grâce à l’anglais, nous avons pu saisir une opportunité de taille pour la boîte», témoigne-t-il.

Certaines entreprises exigent même une certification des connaissances. Pour la plupart des multinationales de la place, les nouvelles recrues sont obligés de décrocher leur Toeic (Test of english for international communication), examen de langue qui sert d’outil d’évaluation international. En plus de la communication, elles doivent être capables de rédiger des rapports entièrement en anglais. D’ailleurs, de plus en plus d’offres d’emploi émanant de ces entités sont carrément rédigées en anglais. C’est à dire que la sélection se fait déjà au premier niveau de contact.

Top-management, cadres, employés : toute l’entreprise doit s’y mettre
Pour l’anecdote, un groupe de la place avait carrément instauré une journée par semaine où la communication devrait exclusivement se faire en anglais. «C’était amusant ! tout le monde communiquait dans la langue de Shakespeare, du coursier au directeur général. Il était interdit de placer un mot en arabe ou en français», souligne un cadre de ce groupe. 

Dans le secteur bancaire, également, la maîtrise d’une troisième langue (puisque le français et l’arabe sont par principe considérés comme des acquis), parfois l’espagnol, est nécessaire, surtout pour les agences situées dans le Nord ou dans le Sud, où cette langue est pratiquée. Dans le centre du Maroc, c’est la pratique de l’anglais qui est indispensable. Et pour cause, les cadres chargés d’opérations internationales travaillent quotidiennement avec des banques américaines et anglophones pour lesquelles l’anglais est le seul moyen de communication. Idem pour le secteur scientifique, ou encore informatique, où toutes les publications importantes sont rédigées en anglais. Aujourd’hui c’est également le cas dans le secteur des ressources humaines où la maîtrise de certains outils passe forcément par l’anglais. «Le développement des RH est assez important dans les pays anglo-saxons. D’où l’importance des ouvrages et des travaux de recherche qui sont développés et qui sont peu traduits en français», explique un responsable RH d’une multinationale. 

Même si, rappelons-le, le top management est souvent le plus concerné par la maîtrise des langues dans l’entreprise, et ce afin de veiller à l’image de celle-ci et à la promotion des partenariats avec l’étranger, le reste du personnel n’en est pas moins concerné. Aujourd’hui, les assistantes de direction sont plus que jamais concernées par cette exigence bien que, souvent, les recruteurs ont du mal à trouver des candidates qui maîtrisent parfaitement deux langues étrangères, voire parfois l’arabe classique.

Les centres de langues proposent des formations à la carte
Pour faire face à cette demande, sans cesse croissante, les centres de langues ont développé un business florissant. Des centres comme BPEC, Britih center, Calliope et bien d’autres n’hésitent plus à proposer des formations sur mesure. «Elles sont diverses et personnalisées pour répondre aux multiples besoins des entreprises», souligne Yousra Benchrif, responsable marketing au centre BPEC. Dernière formule en date : le coaching. Celle-ci permet au formateur d’assister le candidat en vue de perfectionner son style d’expression orale et écrite, surtout s’il doit mener une réunion ou une présentation en anglais. Egalement au programme, des formations par téléphone en séance de 15 à 20 minutes, pour apprendre aux candidats à mieux communiquer avec leurs partenaires au téléphone.

Par BRAHIM HABRICHE, lavieeco.com


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